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Ventes panique dues à l'IA, retour vers l'économie réelle, c'est quoi l'effet "HALO" qui chamboule les marchés?
information fournie par Zonebourse 24/02/2026 à 17:11

"Par rapport à leur point haut, Microsoft est en repli de 30%, Palo Alto de 36%, Salesforce de 52%, ServiceNow de 59% et Adobe de 65%", rappelait ce matin Christophe Dembik, conseiller en stratégie d'investissement chez Pictet AM. (Crédits: Adobe Stock)

"Par rapport à leur point haut, Microsoft est en repli de 30%, Palo Alto de 36%, Salesforce de 52%, ServiceNow de 59% et Adobe de 65%", rappelait ce matin Christophe Dembik, conseiller en stratégie d'investissement chez Pictet AM. (Crédits: Adobe Stock)

Les inquiétudes portant sur les implications à long terme de l'essor de l'IA sur de nombreux pans de l'économie ont récemment enclenché une bascule des flux d'investissement vers certains des segments les plus traditionnels de la cote, un mouvement dénommé "HALO" dont plusieurs indices laissent penser qu'il pourrait encore se poursuivre pendant quelque temps, selon les analystes.

Avec l'explosion de l'IA, le leadership boursier mondial est en train de basculer loin des modèles peu intenses en capitaux (capital light ) comme les technologies, les logiciels ou les services numériques pour se focaliser vers des secteurs protégés par de fortes barrières à l'entrée et considérés comme plus difficiles à concurrencer, que ce soit dans les infrastructures, l'énergie, les réseaux, ou l'industrie.

Ce nouveau mantra, qualifié de "HALO" (soit l'acronyme de Heavy Assets, Low Obsolescence ) désigne en fait les entreprises qui combinent des actifs physiques robustes avec une pertinence économique perçue comme durable du fait de leur faible exposition à l'obsolescence technologique.

L'économie réelle est de retour

Dans une étude diffusée dans la matinée, les stratèges de Goldman Sachs expliquent que cette rotation a été amplifiée par une inflation structurellement persistante synonyme de taux d'intérêt durablement élevés, mais aussi par une fragmentation géopolitique qui a eu pour effet de perturber les chaînes d'approvisionnement, notamment en ce qui concerne les composants électroniques nécessaires à la "tech".

Dans ce contexte, les investisseurs tendent aujourd'hui à valoriser davantage la capacité productive tangible des sociétés et leur résilience aux aléas économiques, explique la banque américaine.

Dur rappel à la réalité pour la "tech"

Depuis la présentation, il y a quelques semaines, par la start-up Anthropic de nouvelles fonctionnalités de son robot conversationnel Claude permettant aux cabinets d'avocats, aux juristes et aux fournisseurs de services financiers d'automatiser des tâches jusqu'alors réalisées via des applications cloud payantes, une rotation au profit de l'énergie, des services collectifs ou des matières premières s'est clairement amorcée à Wall Street, et ce au détriment des valeurs dites de croissance,

Certains secteurs ont été tout particulièrement laminés, à commencer par ceux des logiciels dématérialisés (SaaS) et de la cybersécurité.

"Par rapport à leur point haut, Microsoft est en repli de 30%, Palo Alto de 36%, Salesforce de 52%, ServiceNow de 59% et Adobe de 65%", rappelait ce matin Christophe Dembik, conseiller en stratégie d'investissement chez Pictet AM

Ce mouvement de défiance s'est soldé hier soir par une chute de 13% de l'action IBM, sa plus forte baisse quotidienne depuis 2000, pénalisée par la publication sur le blog d'Anthropic rapportant que son modèle d'IA pouvait maintenant automatiser les milliards de lignes de code produites chaque jour par COBOL, l'un des langages de code les plus anciens d'IBM.

Des dépenses d'investissement considérables

A ce climat d'anxiété vient s'ajouter l'incertitude concernant la rentabilité des énormes investissements en infrastructures qui sont en train d'être consentis dans l'IA.

"A eux seuls, les cinq grands hyperscalers américains se sont engagés dans un cycle d'investissement sans précédent", rappellent les analystes de Goldman Sachs.

"Depuis le lancement de ChatGPT en 2022, ils devraient avoir débloqué autour de 1 500 milliards de dollars de capex entre 2023 et 2026, un montant bien au-dessus des 600 milliards de dollars qui avaient été investis durant toute leur histoire jusqu'en 2022", poursuit la banque d'affaires.

Goldman estime qu'il s'agit de la mutation la plus rapide et la plus significative de l'ère de la technologie moderne, ce qui ne se fera pas sans implications sérieuses pour l'ensemble des marchés financiers de son point de vue.

Des vents structurels largement porteurs

Surtout, Goldman Sachs estime que cette rotation n'est probablement pas arrivée à son terme.

"L'expansion des dépenses budgétaires, le coût plus élevé de remplacement des équipements, la tendance à la relocalisation et le rebond de l'industrie manufacturière sont autant de facteurs qui devraient soutenir le rebond des secteurs à forte intensité capitalistique", prédit la banque d'affaires.

"En Europe, le ratio investissements/chiffre d'affaires atteint actuellement un plus haut depuis 10 ans, inversant ainsi une décennie de sous-investissements sur le continent", ajoute la firme new-yorkaise.

L'effet "HALO" n'est sans doute pas pour rien dans la récente surperformance de l'Europe, qui s'avère relativement dépourvue en champions de la "tech" mais incontestablement riche en titres "value", c'est-à-dire de qualité mais décotés.

Depuis le 1er janvier, l'Europe STOXX 600 affiche un gain de 5,5%, à comparer avec un repli de 0,1% pour l'indice S&P 500.

D'après Goldman, le consensus table désormais sur une accélération de la croissance du bénéfice par action (BPA) et une amélioration de la rentabilité des capitaux propres (ROE) chez les entreprises à forte intensité capitalistique.

A l'inverse, le ROE des sociétés réputées "capital light" devrait stagner, ce qui remet en question le maintien de la prime de valorisation dont bénéficiait historiquement ce segment, tout en laissant entrevoir un nouveau tour de manivelle dans cette grande rotation.

Le match Nvidia vs Berkshire

A en croire les équipes de Saxo Banque, les résultats de Nvidia, prévus demain soir, puis ceux de Berkshire Hathaway à paraître en fin de semaine vont constituer une véritable épreuve de vérité qui permettra de déterminer si le marché dans son ensemble est désormais soumis à ce nouveau narratif.

"Nvidia va nous dire si le déploiement de l'IA repose sur de vrais budgets ou sur du vent", prévient l'établissement danois. "Mais l'effet HALO pourrait vite s'estomper si le marché devait repasser en mode " full risk-on " (retour d'un fort appétit pour le risque)", explique-t-il.

"Avec Berkshire, on se trouve dans un autre type de confort : des actifs qui ne prennent pas une ride, dans le ferroviaire ou les réseaux électriques, et des fondamentaux qui restent essentiels, peu importe l'appli à la mode", poursuit Saxo.

"Les résultats qui seront publiés cette semaine ne vont pas permettre de clore définitivement le débat concernant l'IA, mais ils vont montrer quels sont les segments qui disposent réellement de cash dans les poches afin de continuer à avancer", conclut la banque scandinave.

Un panier de valeurs "à l'ancienne"

Au-delà de Berkshire Hathaway, les équipes de Saxo fournissent une liste d'une trentaine de valeurs américaines et européennes bien positionnées pour tirer parti de la thématique "HALO", dont Allianz, AXA, Munich Re, Swiss Re et Zurich dans l'assurance et la réassurance, ou encore Chevron, bp, Shell, TotalEnergies, Equinor, Eni et Repsol dans l'énergie.

Sa sélection inclut également des titres comme Veolia, celui de l'exploitant aéroportuaire Aena, le géant postal allemand DHL Group et le spécialiste danois de la logistique DSV.

1 commentaire

  • 19:16

    les premiers sont les derniers et vice versa. GS change d'avis comme de chemise depuis tout le temps comme les agences de notation qui distribuent de bonnes notes ! AAA pour une boîte qui fait faillite les deux semaines suivantes .


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